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 Arkidamos

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MessageSujet: Arkidamos   Jeu 9 Fév - 8:57

Comme tous les enfants de Sparte, à peine né, je fus examiné, palpé et ausculté afin de déterminer si ma cité pouvait m’accepter en son sein.
Il n’y avait que quelques jours que les Anciens, réunis au Lesché, avaient accepté que je puisse continuer à vivre, et m’avaient remis à ma famille, que mon père dû partir à la guerre.
Une simple escarmouche de plus, des hommes s’affrontant les uns les autres, le choc des boucliers dans la chaleur sèche d’un après-midi d’été, la poussière soulevée par les pas venant se coller aux corps en sueur, les râles des blessés, le sang vermeil sur les peaux brunes, imbibant la terre et l’herbe rase...
Hélas, dans le combat, le courage de mon père faillit. Il se déroba, quitta le champ de bataille dès le premier heurt, sans même une égratignure, et il devint alors, aux yeux méprisants de toute la cité, un Tresante, un Tremblant...

Nul ne lui accorda plus la parole parmi les Homoioi, les Pairs, guerriers de la vaillante Sparte.
Il dû se couvrir de vêtements sales et rapiécés et ne plus se raser la barbe entièrement et la honte fut sur notre famille...
Pendant ce temps, j’allais toujours nu, parfois frictionné au vin par ma nourrice, jusqu’à l’âge de 7 ans. De cette période toujours confuse dans ma mémoire, je ne garde que peu de souvenirs. Certes, je me souviens d’avoir senti que nous n’étions pas considérés comme les autres, mais de manière vague et imprécise.
Il me reste beaucoup plus présent à l’esprit une sensation d’amour intense dirigé vers moi par mes parents. Et si, hors de chez lui, mon père allait tête baissée, en sa demeure, il restait fier, aimant, joyeux même, sauf de temps en temps, quand le souvenir de l’instant où il perdit courage venait assombrir son front.
Alors, il serrait les dents et dans ses yeux s’allumaient des lueurs semblables aux éclairs de Zeus...

Je fus alors enlevé à ma famille et confié à un paidonomos, un maître, qui m’apprit à lire et écrire, à compter et chanter, mais surtout m’entraîna durement.
J’allais, tête rasée, pieds nus, obligé, chaque jour, de trouver à me nourrir sous peine de mourir de faim et cependant obligé de courir, sauter, manier le glaive et le javelot durant des heures...
Quand vinrent mes 15 ans, une nouvelle guerre éclata.
Je n’avais pas revu ma famille depuis 8 ans déjà et de cette guerre, mon père ne revint pas...
Les récits de ses compagnons d’armes furent dithyrambiques, à les entendre mon père se battit comme 10 hommes, comme s’il était Arès lui-même et il remporta moult combats avant que de succomber sous le nombre, ayant attaqué seul une légion entière...
Mon père n’était plus donc, mais le nom de Tresantes fut enlevé à notre famille, car il se battit bravement jusqu’à la fin.

Je sais que je n’aurais pas dû, mais parfois, il m’arrivait de me demander si l’honneur ainsi regagné justifiait vraiment la perte subie...
Mais cela durait peu, car il me semblait alors salir la mémoire de mon père. A son exemple, je serrait alors les dents et m’entraînait encore plus durement, encore plus férocement même que ce que mon maître me demandait. Je devins un combattant redouté parmi les jeunes gens, non pas que je fusse plus fort ou plus adroit que quiconque, mais parce que toujours je me relevais, encore et encore et jamais, jamais je n’abandonnais un combat sauf à y être assommé.
Et encore... Celui qui m’avait vaincu devait s’attendre à me retrouver devant lui dès que j’étais remis, encore et encore...
Il en fut ainsi jusqu’à la fin de mon éducation, ma vingtième année.
Je devins dès lors un citoyen comme les autres et sans doute aurais-je dû continuer ainsi, mais...

Un jour, tandis que je chassais dans les collines, guettant l’éventualité d’une proie, je m'allongeais un instant à flanc de colline, laissant mon regard errer dans le ciel d'azur, puis....
Je dus m'assoupir un instant car soudain je me retrouvais debout, à l'intérieur d'un temple dans lequel poussait un olivier. Et là, dans l'olivier, une chouette aux immenses yeux d’or me regardait fixement, et son corps semblait irradier comme un halo d’or...
Quand il le faut, je ne suis pas plus bête qu’un autre, aussi je posais immédiatement un genou à terre et m’inclinais, tandis que la chouette dans l’olivier se mettait à briller comme un soleil.
Un rire cristallin retentit à mes oreilles et un paquet fut jeté à mon coté. J’entendis alors comme un murmure qui disait :

Aujourd'hui est un jour dont tu n'as même jamais osé révé. Sais-tu qui je suis, mortel ?

C’est la voix tremblante que je répondis :

Puis-je te nommer ma déesse, toi qui veilles sur notre famille depuis toujours, sans t'offenser ?

Et quelle offense me ferais-tu, toi dont le coeur est empli de ma lumière ?
Tu m'interesses , Arkidamos de Sparte, aussi vais-je te convier en un lieu où te seras donnée l’occasion de découvrir ton potentiel, et de me servir si tu le souhaites. Qu’en dis-tu ?


Ô Athéna, je ne comprends pas tout ce que tu viens de dire, mais tu étais celle que mon père vénérait et te servir est mon vœu le plus grand. Je ne sais ce qui me vaut cet honneur, mais fais de moi ce qu’il te plaira...

A nouveau, j’entendis ce rire merveilleux et sa voix chaude :

Joli réponse en tout cas. A présent, revêt cette armure de cuir que je t’offre et va porter haut mon honneur et ma foi, et peut-être seras-tu un jour l’un de mes Chevaliers.

Et soudain, la lumière disparut, ainsi que la chouette. Seul un vent léger bruissait dans les branches de l’olivier, portant à mes narines le parfum ineffable de la déesse qui emplissait mon cœur.
Lorsque je m’éveillais, je trouvais une armure de cuir, posée juste à coté de moi. Je sus alors exactement ce que je devais faire.
Je me couvris de l'armure sans vraiment y croire, l’esprit comme empli de lave en fusion, puis je retournais à Sparte, dire adieu à ma mère et à mes quelques amis, et me préparer pour un long voyage.

Des jours et des jours, puis des semaines durant, je marchais sans relâche, de jour ou de nuit, jusqu’à la côte au sud-est de Mycènes. Là, un pécheur accepta de m’embarquer et de me déposer sur une plage de l’île d’Aegina.
Encore quelques jours de marche pour arriver de l’autre coté de l’île, et un autre pécheur me prit à bord pour enfin, au mitan d’un jour glorieux, me débarquer au Pirée.
La foule était immense, les cris, la bousculade, tant de choses auxquelles un laconique Spartiate ne devrait jamais être confronté...
Mais je touchais presque au but, aussi je ne m’arrêtais pas à ces détails.
Longeant le mur nord de la gigantesque cité d’Athènes, je finis enfin par arriver là où mon destin m’attendais, au pied de la voie sacrée.

C’était une fin d’après-midi, aussi décidais-je de poser mes affaires là, de m’asseoir sur le sol en contemplant, là haut, la coupole blanche du Parthénon.
Demain, à nouveau viendrait le temps de l’effort et de l’épreuve, mais pour ce moment, je savourais et méditais mon arrivée et mon chemin futur sur la voie des Chevaliers d’Athéna.
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Arkidamos
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