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 Démartémis

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Antéros
Ancien Oracle d'Athéna
Ancien Oracle d'Athéna
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MessageSujet: Démartémis   Dim 4 Nov - 20:53

Clarisse nous ordonna de ne pas nous éloigner et de rester sur nos gardes en attendant le retour des filles parties inspecter les lieux. Nous descendîmes des chevaux pour les laisser s'alimenter et se reposer après la longue distance qu'ils avaient parcouru. Quelques minutes s'écoulèrent avant que Reagan et les deux autres filles nous rejoignent en attestant qu'il n'y avait aucun village à proximité. Il n'en fallut pas plus aux chasseresses pour comprendre que nous monterions notre campement dans cette clairière, isolées de toute autre présence humaine. En un instant, les filles s'activaient aux tâches que leur confiaient Reagan et Clarisse. J'observais les minces éclaircies de lumière qui se faufilaient à travers l'épais feuillage de cette forêt. La nuit allait bientôt tomber, il fallait se dépêcher.
Finalement, le camp fut installé rapidement et les filles rassemblées autour du feu, faisaient l'inventaire de ce que nous possédions encore et de ce qui avait été perdu ou oublié lors de notre fuite. Avant d'arriver ici nous étions installées en bordure de forêt totalement à l'opposé de notre position actuelle. Malheureusement, nous étions trop proche d'un village et ses habitants n'appréciaient pas notre présence. Des tensions étaient rapidement apparues et puis les villageois avaient décider de nous chasser, jugeant notre influence néfaste aux femmes et nous accusant de perturber leur rythme de chasse. Les filles avaient préféré fuir pour trouver un lieu où nous pourrions vivre paisiblement. Voilà pourquoi en ce moment je me retrouvait assisse sur un vieux tronc d'arbre en train d'attiser les flammes sous un ciel étoilé masqué par les arbres pendant que mes protectrices s'inquiétaient de ce qu'il fallait se réapproprier.
Le lendemain à mon réveil je constatais en l'absence de chevaux et des chiens que la moitié des filles étaient déjà parties en chasse. Je commençais à me préparer quand j'aperçus Regan qui venait vers moi, une longue natte noire rabattue sur son épaule droite car gênée par son carquois disposé dans son dos. Elle a 24 ans mais elle a l'air beaucoup plus jeune, en fait on pourrait penser qu'elle à mon âge.


- « Comment te portes-tu ma petite Lucilda? Je n'irais pas par quatre chemins : j'ai un service à te demander.
- Moi? Ne vaudrait-il pas mieux demander à Clarisse ou quelqu'un d'autre? Vous savez bien que je manque d'expérience...
- Nul besoin d'une quelconque expérience. J'aimerais que tu te rendes dans une ville située à plusieurs kilomètres à l'ouest et que tu achètes des étoffes. Et au passage que tu te renseignes sur le nom de cette ville car je dois avouer que nous ignorons où nous sommes précisément.
- Que j'aille en ville!! Auprès des hommes! Mais vous m'avez toujours dit de ne pas m'en approcher, qu'il nous font du mal! Je ne comprends pas votre décision.
- Tu ne crains rien tant que tu te confonds au reste de la population. Ne leur parle pas, trouve une marchande et reviens vite. Ainsi, tu ne risqueras rien. Et rends toi s'y à pieds tu n'attireras pas l'attention. »

Sur ces paroles, elle déposa quelques pièces d'argent dans ma main et me souhaita bonne chance avant de s'éloigner. Je voulus contester une telle décision mais en me retournant je vis Clarisse en train de monter un autel en l'honneur d'Artémis en plein centre du campement et je perdis de vue Reagan. J'aperçus deux chasseresses agenouillées devant en train de prier la déesse. Je devais passer devant
pour quitter le campement et me rendre dans cette ville, aussi je me joignis aux prières de mes protectrices en remerciant la déesse de sa bienveillance et pour les valeurs transmises aux chasseresses.
Mon périple dans la forêt dura plusieurs heures. Mes capacités de pistage me permirent de me diriger sans encombres et au sortir de la forêt je me trouvais face à une immense muraille qui me parut d'abord infranchissable puis je vis une entrée de laquelle entrait ou sortait une multitude de personnes. J'aperçus alors des hommes et soudain un sentiment de crainte et de dégoût m'envahit. Je me remémorais ce que les chasseresses m'avaient raconté, ce qu'elles avaient dû subir des hommes et cette pensée me répugna. Toutefois, je ne pouvais décevoir Reagan et rentrer bredouille, je pris une grande inspiration et me dirigea vers la grande porte. Je rejoignis le sentier principal et en m'approchant je remarqua une grande plaque en marbre qui ornait l'entrée sur laquelle on pouvait lire «Αθήνα». Nous étions donc à Athènes. Je ne connaissais cette ville que de nom, j'ignorais ce qu'elle pouvait contenir. Je passais la porte avec une pointe d'appréhension, je n'avais pas l'habitude de me mêler à la population citadine. La grande place se situait juste devant et derrière elle se dressait un sanctuaire dans l'enceinte même de la ville. Je ne souhaitais pas m'y attarder, j'effectuai mes achats auprès d'une commerçante et repartis aussitôt. Je m'enfonçais dans la forêt quand je fus surprise par la pluie. Je me souvins avoir repéré non loin un cabanon abandonné et courus m'y réfugier. Je l'atteignis en quelques minutes et une fois au sec je secouais les étoffes pour qu'elles sèchent.


- « Tu veux que je t'aide? »

Je me retournai brusquement, surprise par cette voix. Un jeune homme adossé au mur m'adressait un large sourire. Il paraissait à peine plus âgé que moi et étrangement il portait une armure.

- « Tu as besoin d'aide?
- Non
- Très bien... Au fait je m'appelle Pandem et toi? »

Il me tendit la main toujours en souriant. J'étais obnubilé par ce sourire. J'avais une impression de déjà-vu. C'était le même que celui des filles quand elles m'ont recueillie : un signe de bienveillance et d'amabilité. Comment pouvait-il émettre la même expression qu'elles? Les hommes sont malveillants et cruels alors pourquoi me sentais-je quand même en sécurité? Une part de moi me disait de partir mais il pleuvait à seaux et je voulais être certaine de mon ressenti. Cet aspect que je percevais ne pouvait être qu'une façade, un mensonge.

- « Et bien, tu n'es pas très bavarde! J'ai l'impression de faire un monologue.
- Je m'appelle Lucilda. Je n'ai pas l'habitude de discuter avec des gens qui me sont étrangers.
- Et pourtant à Athènes, on fait souvent des rencontres. La grande place est un bon lieu d'échanges. Ça me fait penser que je ne t'y ai jamais vu, tu viens d'ailleurs n'est-ce pas?
- En effet j'habite dans un village à plusieurs kilomètres d'ici. Laisse moi te poser une question également : pourquoi porte tu une armure?»

Ma question sembla le choquer. Il développa alors une longue tirade sur son rôle et celui de tant d'autres personnes : être un chevalier au service de la déesse Athéna. Il y décrivait les valeurs que les chevaliers défendaient : protéger les faibles, faire régner la justice, agir pour le bien-commun. J'étais sceptique au début mais il parlait d'une telle manière que j'en vins à l'envier. Je m'en rendais compte avec effroi, je voulais moi aussi faire ce qu'il disait, agir dans le même but que le sien. Le récit de ses exploits, de son entrainement pour devenir chevalier me fascinait. Je n'étais pas persuadée qu'il était bienveillant, j'en étais convaincue. Plus je le regardais et plus je sentais que je pouvais lui accorder ma confiance.

- « A toi! Raconte moi ton enfance! Comment as-tu grandi? »

J'étais déconcertée par sa question. Personne ne m'avait jamais posé cette question? Mon premier réflexe aurait été de mentir mais j'avais envie de lui dire la vérité. Après tout, il revendiquait clairement être au service d'Athéna, qu'il vivait pour transmettre ses valeurs alors je ne voulais pas lui cacher que je vivais auprès des chasseresses qui vouaient leur vie à la déesse Artémis. Et c'est ainsi que pour la première fois, je contais mon histoire à une personne autre qu'à mes protectrices. Je lui expliquais que j'ignorais où précisément j'étais née, que ma mère m'éleva seule jusqu'à l'âge de 8 ans car mon père l'avait abandonné en apprenant qu'elle était enceinte, qu'elle décéda dans un incendie et ce fut les chasseresses qui me recueillirent, qu'elles m'apprirent pendant ces 9 dernières années à survivre seule en forêt, à me défendre et à me battre. Je lui décrit mes capacités de pistage pour la chasse et mon entrainement physique pour améliorer mon agilité et ma rapidité. Je n'omis pas de narrer nos nombreux conflits qui finissaient souvent en bataille à cause de notre nomadisme.

- « Je conçois que tu n'as pas eu une enfance facile. Mais il y a une chose qui me tracasse : j'ai déjà entendu parler des chasseresses et on m'a toujours dit que ce sont des femmes qui n'aiment pas les hommes, et c'est un euphémisme, alors pourquoi me parles-tu en toute sympathie? »

Sa question était sincère et ce fut ce qui me déstabilisa le plus. Il disait vrai, j'appréciais sa compagnie et cette idée me perturbait profondément. Je ne savais quoi répondre, je ne pouvais rien répliquer car nos dires entraient en contradiction. Il est vrai que les filles haïssent les hommes et je me considère comme l'une d'entre-elles alors pourquoi n'ai-je pas le même ressenti qu'elles? Le doute empoisonnait mon esprit et j'en fus complètement déstabilisée.
Je remarquai par la suite qu'il ne pleuvait plus alors je sortis précipitamment du cabanon, encore troublée, et m'apprêtai à rentrer au campement quand il me retint et déclara qu'il voulait me revoir. Je lui répondis qu'il valait mieux que l'on ne se côtoie plus mais il insista et me dit de le retrouver à cette cabane à chaque changement complet de la lune. Nous nous saluâmes et partîmes chacun de notre côté.

Plusieurs mois s'écoulèrent depuis notre rencontre. Athènes avait pris connaissance de la présence de notre campement et nous autorisa à rester étant donné notre éloignement de la ville. Je continuais de voir Pandem de temps à autre et quand je lui contais ma vie avec les filles lui me narrait ses expéditions et ses missions quand il en avait l'autorisation. J'étais jalouse de ce qu'il vivait et mon amertume grandissait de plus en plus. Mes rapports avec les filles se furent plus distants. J'avais longuement mûri la réflexion faite par Pandem et aujourd'hui je ne ressentais que de l'incompréhension vis-à-vis de leur opinion. Elles ont eu par le passé une mauvaise expérience avec des hommes mais elles faisaient d'un cas personnel une généralité. Je participais aux activités du camp mais le cœur n'y était pas.
Je me rendis au cabanon au jour de changement de lune comme nous le faisions depuis le début. J'attendis longtemps mais il ne vint pas. Je ne m'en inquiétais pas, c'était chose commune quand il était envoyé en mission. Je m'apprêtais à retourner au camp lorsque j'aperçus Reagan venir dans ma direction. J'ai crus que j'allais défaillir sous la stupeur. Elle était donc au courant que je côtoyais un chevalier. Je ne bougeais pas et en attendant qu'elle me rejoigne. Je manquais de m'évanouir quand elle se plaça face à moi. Je compris à son expression que l'absence de Pandem et la venue de Reagan n'était pas une simple coïncidence.


- « Tu te doutes de la raison qui m'amène ici n'est-ce pas?
- Oui mais je ne comprends pas pourquoi il n'est pas là. »

Elle semblait sur le point de pleurer et cela me rendais folle car j'en ignorais la cause mais j'avais un terrible pressentiment.

- « Cela fait un moment que moi-même et Clarisse sommes au courant de tes escapades. Au début on ne savait pas pourquoi tu t'éclipsais et puis j'ai su que tu voyais ce garçon et j'en ai informé Clarisse... On connaît toutes son tempérament mais je ne pensais pas qu'elle irait aussi loin. »
- …. *Dis-le!!
- « Elle est entrée dans une colère noire et je n'ai pas pu la retenir. Elle est partit livrée bataille contre lui. Elle était persuadée que tout rentrerait dans l'ordre une fois son influence défaite, que tu serais comme avant.
- Et!? Que s'est-il passé?
- Aucun n'a survécu. Ils sont morts tous les deux. »

Je refusais d'y croire mais je savais que c'était vrai. Les deux êtres qui m'étaient les plus chers me furent arrachés par ma faute. Cette fois-ci je tombais à terre et je ne pus retenir ma tristesse face à l'horreur de la situation. Reagan me tendit alors une besace et déclara :

- « Je me vois donc dans l'obligation de te bannir des chasseresses. Comprends bien que les filles ne sont pas prêtes à vouloir te pardonner bien que tu ne sois pas responsable du choix qu'à fait Clarisse. Voici tes affaires et quelques vivres.»

J'étais sonnée par ce que j'entendais. Je ne pouvais imaginer ma vie sans elles car je les aimais malgré tout. Je pris la besace.

- « Où vais-je aller? Que dois-je faire? Je n'ai vécu qu'avec vous, je suis seule sinon.
- Je n'ai pas besoin de te le dire, au fond nous savons toutes les deux où tu veux aller et ce que tu veux devenir.
- Jamais je ne trahirais Dame Artémis en me rangeant auprès d'une autre divinité! Je vous dois tout je ne pourrais pas.
- Alors cela reviendrait à mentir à toi-même. Et puis on ne peux pas considérer que tu trahisses Artémis puisque tu n'as jamais réellement adhérer à sa foi.
- Mais...
- Écoute moi bien Lucilda. Quand nous t'avons recueilli nous pensions que tu aurais les mêmes idées que nous, la même vision du monde extérieur. Mais nous nous sommes trompées, tu n'as jamais hais les hommes, tu les craignais car tu étais influencée par nos dires. C'est également la raison pour laquelle tu dois partir : nous t'aimons mais tu n'as pas ta place parmi nous, tu n'es pas vouée à cette vie. Si tu restes avec nous tu seras malheureuse, crois-moi. Bonne chance, j'espère te revoir à l'avenir. »

Et sur ces mots elle s'éloigna et je la regardais partir en la remerciant du fond du cœur pour tout ce qu'elle m'avait apporté jusqu'à aujourd'hui.
J'atteignis rapidement Athènes et courus vers la grande place. J'observais la foule et puis j'en aperçu un, je me précipitai à sa rencontre et répétais inlassablement que je voulais devenir un chevalier d'Athéna. Il tenta de m'en dissuader, disant que ce n'était pas à la portée de n'importe qui, mais devant mon insistance il céda.


- « Allons au sanctuaire, nous verrons ce qu'on peut faire pour toi, mais je ne te promets rien! Et au fait, comment tu t'appelles?»

Non, pas Lucilda. C'était une nouvelle vie qui commençait mais je refusais de renier mes amies et ce que m'ont apportées les valeurs défendues par Artémis. Je ne pouvais pas non plus oublier Pandem.

- « Je n'ai pas entendu la réponse.
- Démartemis, je m'appelle Démartemis. »

Le sanctuaire, immense et imposant, apparut à mes yeux. Athéna... Je ferai tout pour défendre vos valeurs et faire régner la justice. Je me battrai en votre nom et en celui de ceux, disparus qui ont toujours crus en vous.
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