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 Aktaìos

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Atmos
Ancien Oracle d'Athéna
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MessageSujet: Aktaìos   Mar 5 Mai - 21:02

Mon nom est Aktaíos, fils de Sábbas et d'Adhrástia. Mon âge? Pour tout vous dire je ne le connais pas, j'ai toujours eu un rapport au temps très approximatif, et bien que voyant passer les saisons je me suis toujours refusé à compter les années. Je pouvais compter sur mes proches avant pour me le rappeler, mais maintenant, seul, je vieillis dans l'indifférence du temps. La vingtaine, oui... je dois avoir alentour de 20 ans.
Je ne fus pas un enfant malheureux, ou plutôt peut-on dire que je ne fus pas à plaindre.

Mes parents en bonne santé, tous deux artisans, tentaient de donner à leur fils unique tout l'amour qu'ils étaient capables de mobiliser, et j'eus ainsi l'éducation d'un roi. Je ne sais pas quand ni comment le lien parental à pu se briser, peut-être est-ce dû à la simple pression sociale ou au manque d'autorité de mon père qui passait le moindre de mes caprices, mais vers l'âge de 10 ans poussé par un instinct de rébellion, je me mis à tourner mal. Ce qui commença par de simples escapades se poursuivi par de longue fugues de plusieurs semaines dans les plaines de la région corinthienne, des vols, des rixes publiques... Mes parents effarés, impuissants, voyaient leur fils tourner de plus en plus ses bras vers Hadès. Aujourd'hui je ne leur en veux plus de ne pas avoir su me remettre dans le droit chemin, d'avoir seulement constaté, sans forcer leur caractère à changer, l'ampleur de leur faiblesse face à l'éducation de leur fils.

Un jour, lassé de les faire souffrir, je m'enfuis pour de bon saisissant l'opportunité qui m'était donné par une de mes mauvaises fréquentations : Agorákritos. Agorákritos était le chef d'une tribu de brigands de Corinthe. Il me proposait une formation digne de mon potentiel car selon ses mots il retrouvait en moi ses traits de jeunesse.


-" Tu as enfin décidé de répondre à mon invitation... Bien bien, je pensais bien ne pas être déçu par toi." Son sourire jauni par le vice, continu de me donner le dégoûts lorsque malgré moi je repense à ce vieux scélérat pullulant de vices.
-" Je suis venu m'instruire sur ton invitation, pour un jour te détrôner, ce qui on le sait bien ne peut être que l'ordre des choses".

Je crois que c'est mon aplomb de l'époque qui m'avait valu la sympathie d'un tel individu. C'est pourquoi aujourd'hui je ne puis considérer le cynisme que comme l'un de mes principaux défauts.
Pourquoi ais-je choisi de me tourner vers le mal me demanderez-vous. A vrai dire, à l'époque je n'avais qu'un faible discernement du bien et du mal. Ma seule volonté était de faire carrière pour pallier mon ennui et vivre par objectif. Peu m'importait que ce fusse dans l'armée, l'artisanat, la politique ou les organisations de malfaiteurs. Il se trouve qu'en considérant mes antécédents de jeunesse, la première opportunité que j'eus fut de m'orienter vers le mal.

Aujourd'hui j'ai changé, je me suis pardonné et ne m'en suis d'ailleurs jamais voulu. Tout action à une raison, et trouve sa place dans l'ordre du destin. J'irais même jusqu'à penser que cette étape de ma vie m'a été bénéfique. Agorákritos m'obligeais en effet à étudier dur, à m'entrainer au combat et à diriger les hommes.


-" Un bon brigand est un brigand instruit, tu dois être capable de réfléchir avant d'agir, tu dois connaitre l'histoire de ton peuple et les sciences qu'elle utilise pour ne jamais te sentir inférieur ni aux notables ni aux soldats. C'est le secret de la longévité et de la pérennité mon garçon!"

Ce vieux bougre avait au moins un sous de bon sens. Dès lors j'apprenais l'histoire du peuple grec, de mes dieux, j'étudiais l'arithmétique, la politique, la philosophie... Au fur et à mesure je me sentais devenir fort, tant à l'habileté du combat qu'à l'exercice de la réflexion. Je découvrais ainsi tout un nouveau monde de culture et d'honneur qui me faisait pâlir devant les meurtres, les arnaques que j'étais amené à commettre. Je ne commettais plus le crime que par habitude et obligation, mais une sensation jusque là inconnu me torturais chaque fois davantage. Un besoin d’accomplissement de moi, un besoin de servir les dieux qui me donnèrent la vie.

L’adolescence m’offrit de prendre enfin conscience des notions du bien et du mal, et face à cette nouvelle perception du monde, tout mon être souffrait de mon stoïcisme passé. Connaissant à présent les sept fleuves des enfers, du Styx à l’obérons, et les promesses de champs Elyséens, l’envie d’expier mes fautes de jeunesses émergeait du fond de mon âme pour profiter, outre tombe, du repos du juste. Je voulu connaître l’honneur, la bravoure des héros homériques. Je n’étais plus cet enfant influençable, répondant aux charmes des promesses d’un vieux brigand à cause de ses envies capricieuses. Les connaissances acquises firent de moi un homme meilleur, ce que ne pût prévoir mon maître.

Agorákritos s'apercevait avec effroi des changements qui s'opéraient en moi et me traitait alors avec à la fois plus d'égard et plus de dureté. Je continuai à lui débiter des sarcasmes sur sa fin et son proche renversement par mes soins, le contentant ainsi de mon arrivisme feint. Mais le dégoût qu'il m'inspirait commençait à suer de ma personne, aussi je ne pouvais plus le cacher et je sentais le dénouement de cet acte de ma vie proche.

Il y a peu, une femme acheva de forger ma révolte. Athinaïs avait les cheveux noirs de geai, de cette couleur qui fait aimer les femmes méditerranéennes. Ses yeux couleurs olive vous transperçaient le cœur. Je me pris d'amour pour elle avant même d'en prendre conscience. Elle, dans son indifférence de femme soumise, servait la taverne, le lieu de repère de notre organisation. Elle ne semblait ni m'apprécier, ni me voir, son cœur allait probablement vers sa liberté, cette liberté qui lui manquait cruellement dans les geôles de mon maitre.

Dans une ultime réflexion de rébellion je décidais de l'enlever à son malheur, en espérant qu'un jour elle puisse m'aimer et qu’à ses côtés je pourrais assouvir mes récents besoins de bravoure et d’honneur. L'évasion fut réglée, une nuit que j'allais la chercher dans sa geôle, je l'invitais à me suivre en se taisant et la suppliais de me faire confiance. Je m'étonnerai toujours de cette facilité qu'elle eu à remettre son destin entre mes mains. C’est ce qui acheva de créer mon trouble à la fin des évènements à suivre. Elle n'aurait jamais dû... A peine une lieue après notre fuite nous fûmes rejoints par Agorákritos et sa clique. Dans les dernières réflexions de bon sens d’un homme gâté, il avait prédit ma trahison et guettait la moindre mes actions.


-" Tu me déçois beaucoup Aktaíos, me dit-il, tout ce mal que je me suis donné à t'éduquer, toute cette hargne que j'ai eu à te faire confiance... Est-ce ainsi que tu me remercies? Moi? L'homme qui te considère comme son propre fils? Ceci est ta dernière chance, mon petit, je t’offre une chance de te racheter et de revenir à la raison en considération de tes services passés. Laisse moi prendre la fille sans encombre et assiste à sa punition, ainsi seulement je serait convaincu de ton allégeance retrouvée."

Je ne savais que trop bien qu'elle était sa punition, depuis peu ses vices s'étaient portés sur le viol de jeunes vierges. Baissant la tête, comptant le nombre de brigands en présence et les sachant trop nombreux, je me rendis à lui pour l'étreindre en signe de rédemption. Je sentais Athinaïs me regarder avec horreur, pleurant sa sottise de m'avoir suivit.

Et je ne pu plus le supporter, ces larmes raisonnaient en moi comme un besoin de justice. Trop longtemps j'avais fermé les yeux sur ma véritable nature. Je n'étais pas mauvais, non. J'en voulais maintenant à cet homme d'avoir influencé un enfant comme moi pour tomber dans le crime et l'emporter avec lui dans ses vices. Je le méprisais de m'avoir soustrait à mes parents, je lui rejetais à la face mes propres erreurs! Sortant une dague de sous ma manche je la plantais d'un geste vif et précis dans le coup de mon mentor. Le geste avait été trop rapide pour que quelqu'un puisse réagir. Le brigand tomba à mes pieds dans un grand fracas. Tremblant j'exhortais ses comparses à partir et à nous laisser seul. Je ne leur voulais plus aucun mal, ils pouvaient partir élire un nouveau chef! Je m'éloignais de cette voie là et leur laissais ma place de prétendant. En les voyants hésitant je me rendis auprès d'Athinaïs, ses yeux semblaient me sourire malgré la peur qu'elle avait ressentie. Je lui souris et lui promis de la protéger à nouveau. C'est alors que j'entendis derrière moi l'un des brigand protester :


-" C’est un traitre, on ne peut pas lui faire confiance!"

Le reste de la scène passa trop vite pour que j'eusse le temps de comprendre. Une dague vola dans ma direction et par un malheureux réflexe que je devrais regretter toute ma vie je l'esquivais en roulant sur le coté. Une plainte derrière moi s'élevait... Athinaïs, touchée en plein cœur par la dague qui m'était destinée. Son sang coulait sur l'herbe de la plaine, un sang d'une pureté enfantine... Elle avait payé pour les crimes que j'avais commis.

Je me réveillais le lendemain, toujours en pleure, sonné ne sachant où je me trouvais. Je m’efforçais de retrouver mes souvenirs de la veille, encore sous le choque chacun de membre tremblait de fatigue, de froid, de tristesse et de fureur. J'avais couru, couru, et couru encore pour échapper à mes assassins. Ne sachant par quel miracle je les avais semés, mes pas s'étaient mécaniquement retournés sur le lieu du crime. Athinaïs n'était plus là, disparue, son sang avait séché sur l'herbe perlée de rosée. Pleurant à dessécher mon corps, j'exhortais les dieux de me donner une occasion de me racheter. Je voulais servir une cause juste pour racheter mes fautes, offrir ma vie à la volonté des dieux. Qu’ils jugent de leur saint jugement ce qu’il devait advenir de moi. Puis, usé par tant d'émotions je m'endormis vers un sommeil lourd et sans rêves.

Derrière moi un petit olivier avait poussé dans la nuit. Était-ce possible, peut-être était-il déjà là la veille, tout avait été si flou... L’olivier, l’apanage d’Athéna… Bien qu’insensé un embryon d’explication germait dans mon esprit. Athinaïs… Athéna… Tout concordait si bien. Dans les trames complexes du destin la déesse n’avait-elle pas pu m’envoyer ce signe ? M’envoyer cette femme, Athinaïs, juste au moment où les doutes torturaient ma raison. Peut-être qu’Athéna me donnait une seconde chance. Mais pourquoi moi, pauvre brigand ? Pourquoi moi… C’est une question métaphysique qu’il me faudrait débattre plus tard…. Pour le moment, que ces signes fussent l’œuvre de mon imagination perturbée ou non, je décidais de les accepter comme tels. J'avais en effet désespérément besoin d'un signe pour poursuivre ma route. Athéna, déesse de la justice… Tout concordait parfaitement. Les rouages de ma vie s’enchevêtraient parfaitement. N'avais-je pas prié les dieux la veille avant de m'endormir? Dans mon besoin de justice pour racheté mes crimes, je décidais de me mettre au service de la déesse de la justice, Athéna. Je décidais de voir dans ce petit olivier venu de nulle part le signe de sa bienveillance.

Mon nom est Aktaíos, et me voilà devant les marches de la voie sacrée, décidant de prendre mon avenir en main pour devenir un chevalier d’Athéna.
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Aktaìos
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