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 Hegel

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Date d'inscription : 12/03/2006

MessageSujet: Hegel   Mer 7 Juin - 13:08

Qu’il soit par vous permis, puissants dieux de la Grèce,
Et surtout toi, Pallas au front ceint de sagesse,
A l’aède qui chanta vos exploits mémorables,
De tourner un instant ses regards et ses fables
Vers la destinée brève d’un fragile mortel,
Et de chanter ici les enfances d’Hegel !
C’est Elops, fils d’Hesios, qui lui servit de père.
Ce guerrier fut longtemps le rempart du sanctuaire
Et les portes d’Athènes demeurèrent inviolées
Tant que les Sœurs qui filent toutes les destinées
Dévidèrent le long fil tenace de ses jours.
Il erre désormais dans les sombres séjours.

Plus que son glaive encore, on craignait sa colère,
Car ses fureurs faisaient trembler sous lui la terre,
Et quoique le motif en fût toujours très juste,
Elles portaient ce héros au bras prompt et robuste
A des excès dont Zeus prit à la fin ombrage
Quand Elops écumant de colère et de rage
Jura que nul, pas même le père de tous les dieux,
N’empêcherait son bras de châtier le traître
Qui violenta Tysia, vestale, et tua six prêtres.
La vengeance plut à Zeus, mais non point le blasphème :
A peine celle-ci accomplie, l’anathème
Lancé par Zeus frappait l’auteur de celui-là.

« En mémoire des impies que tu annihilas,
J’épargnerai ta vie. Mais afin de t’apprendre
Qu’un mortel ne saurait impunément prétendre
Outrepasser jamais la volonté divine,
Je plierai à mon joug ton arrogante échine !
Ta couche restera stérile, comme ta langue
Irascible est féconde en orgueilleuses harangues!

Ainsi parla le fils du terrible Chronos
Tel fut le châtiment du malheureux Elops.

Le funeste courroux avait quitté son cœur,
Tout entier pénétré d’une immense douleur.
Et quand des mois nombreux eurent passé, infertiles,
Myrrhiné, son épouse, dont les doigts cousent, agiles,
Interrompt son ouvrage et, poussant un soupir :
« Nos front se rident, et rien n’a su nous désunir,
Tu ne désertes pas la couche conjugale,
D’où vient que mon flanc doive, comme celui des vestales,
Demeurer infécond ?
» Elops ne peut répondre,
Mais il voit Myrrhhiné en chagrins se confondre.
Sans rien dire il se rend au temple d’Aphrodite
Et brûlant des encens, respectueux du rite,
Il supplie la déesse de fléchir la rigueur
Du sort dont Zeus tonnant punit son serviteur.
Chaque jour il renouvelle ses pieuses prières.
Aphrodite s’en émeut, et consulte son père.
Ce dernier ne saurait reprendre sa parole.
La délibération divine en est là, quand le vol
D’une chouette signale l’arrivée de Pallas.
Elle apparaît bientôt, portant casque et cuirasse
Et donne cet avis que la sagesse inspire :

« Elops a blasphémé, il le fallait punir.
Mais sa peine est bien lourde, et son zèle constant
Mérite qu’on lui donne ce qu’il souhaite : un enfant.
N’est-ce pas lui, qui vengea ma prêtresse Tysia ?
Apprenez que le jour où Pyron l’humilia
Un enfant fut conçu, dont elle mourut en couches.
Une devineresse, qui me prête sa bouche
Quand je veux avertir Athènes par des présages
Prit soin du nourrisson, mais étant d’un grand âge,
Sa bouche s’est fermée à jamais. Je suggère
Que cet enfant qu’Elops a privé de son père
Lui soit confié : qu’il daigne le chérir, l’élever
En faire s'il en est digne un vaillant chevalier
Afin que quand ses jours auront touché leur terme
Athènes trouve un rempart aussi solide et ferme
En ce fils qu’en Elops aux terribles colères
. »

Ainsi parla Pallas devant les dieux ses pairs.
Ces propos avisés furent plebiscités :
C’est ainsi que Hegel trouva en Myrrhiné
Une troisième mère, et en Elops un père.
On lui cacha le crime commis lors des Mystères
Qui lui donna le jour, et le vaillant Elops
Fit de lui, plus qu’un fils, un élève dont la force
Assurait à Athènes un avenir glorieux
et surtout de son père satisfaisait les voeux .
C’est à servir Pallas que Hegel fut formé.
Car Elops à celle-ci l'avait tôt consacré
Il lui avait conté tout ce qu'il lui devait.
Le fils était aimant et l’élève appliqué.
Il n’eut pas à trembler devant l’ire paternelle
Car il mettait en tous ses devoirs un grand zèle.
Au contraire d’Elops, Hegel montrait toujours
Un grand calme. Sa sagesse croissait avec ses jours.
Son jeune corps se forma aux plus durs exercices
Sans qu’il poussât jamais une plainte : les supplices
Les plus cruels sans doute ne l’eussent pas fait fléchir.
Il savait non seulement se battre, mais réfléchir
Et ses propos toujours étaient pleins de mesure,
Et son âme était juste, et son coeur était pur.
Il avait en horreur le crime et l’injustice
Dont il était issu, dont il était le fils
Sans qu’il en sût rien : car il ignore toujours
Le secret des noirceurs auxquelles il doit le jour.
Elops mourut avant d'oser lui révéler
Quoi que ce soit. Hegel était alors âgé
De seize ans. Les dernières paroles de son maître
Furent pour l'exhorter et lui faire promettre
De poursuivre au sanctuaire son dur apprentissage.
Il le recommanda à Khâphe, un homme sage
Mais sévère qui formait les fils des chevaliers
Et qui aimait Elops, d'une longue amitié.
Expirant il trouva le force de rappeler
A Hegel qu'Athéna devait seule guider
Et ses pas et ses choix, et c'est en la priant
de veiller sur Hegel qu'expira le mourant.

Sitôt dressé d'Elops le glorieux cénotaphe
Ses cendres dispersées dans l'Ilissos par Khâphe,
Ce dernier prie Hegel de le venir trouver
Au sanctuaire dès que son deuil sera achevé.
Plein de piété filiale, Hegel fait le serment
Qu'il prononce en tendant son bras vêtu de blanc,
De ne rien ménager, ni peine, ni labeur
Pour devenir d'Elops le digne successeur.
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Hegel
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